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[Revue des marchés financiers du 30 janvier au 3 février 2012] La nouvelle baisse du taux de chômage outre-Atlantique a fait oublier les incertitudes sur la situation grecque. Les marchés gardent confiance et font grimper les indices boursiers.
En janvier, le taux de chômage est retombé à son plus bas niveau depuis février 2009. Il s’élève aujourd’hui à 8,3 %, alors qu’il s’établissait à 9,1 % en août dernier. Les entreprises privées américaines ont en effet recruté 243 000 personnes en janvier. Ces statistiques s’affichent à un bien meilleur niveau que les estimations des économistes.
En parallèle, l’indice ISM des services « non manufacturiers » a grimpé plus que prévu en janvier (56,8 alors qu’il était estimé à 53,1).
Ces données compensent quelques déceptions. Les commandes à l'industrie aux États-Unis ont moins progressé que prévu en décembre.
De même, la première estimation de croissance au quatrième trimestre 2011 a été revue à la baisse. L’expansion de l’économie américaine n’aurait été que 0,8 %. De manière générale, le pays reste inquiet car jamais la croissance n’a été aussi lente. Même si certains indicateurs, comme celui de la confiance des ménages ou des biens durables, s’affichent au beau fixe, le marché de l’immobilier reste toujours à la traîne.
Face à cette série de bonnes nouvelles, les négociations entre la Grèce et ses créanciers sont passées au second plan. Pourtant, les discussions qui s’éternisent font planer une menace de faillite sur le pays. En début de semaine, l’Allemagne a déclenché les controverses en évoquant une quasi-mise sous tutelle de la Grèce. La France s’est fortement opposée à cette hypothèse.
Le gouvernement grec négocie avec ses créanciers privés les modalités de l’accord permettant d’effacer 100 milliards d'euros de dette. Il négocie également avec des créanciers publics – Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international – l’obtention d’un nouveau prêt de 130 milliards minimum. Mais les trois organisations, autrement appelées « Troïka », exigent de nouvelles mesures d’austérité – baisse de 15 % des salaires dans les entreprises, réduction des retraites complémentaires – refusées par les syndicats.
Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, n’a pas hésité à évoquer un « risque de faillite » pour la Grèce dès le mois prochain. Il est vrai qu’en l’absence d’un accord avant le 13 février, la Grèce serait en situation de défaut en mars. Dans ce contexte, la nouvelle rencontre de l’Eurogroupe, qui doit avoir lieu dans les jours prochains, est attendue de pied ferme.
Malgré ces incertitudes, les marchés gardent confiance. En Europe, bien que le froid sévisse, ils s’échauffent grâce aux publications américaines. Les places européennes affichent leur meilleure progression (+ 8,4 % pour l’EuroStoxx 50) depuis le début de l’année. À Paris, le Cac 40 reprend son niveau d’il y a six mois et clôture à 3 428 points.
Les places américaines ne sont pas en reste : le Dow Jones atteint un de ses plus hauts niveaux depuis quatre ans. En finissant la semaine à 12 862,23 points, il gagne de nouveau 1,6 % cette semaine.
[Achevé d’être rédigé le 5 février 2012]